Pas besoin de tout jeter pour devenir minimaliste

Il semblerait que le minimalisme passe beaucoup par l’action de jeter. Que ce serait l’incontournable première étape d’un long processus vers une vie plus simple. Moi-même, j’ai écrit plusieurs articles sur le sujet. Mais est-ce suffisant? Qu’arrive-t-il après, lorsqu’on s’est enfin séparé.e des biens matériels qui nous encombrent? Et surtout, est-il nécessaire de se débarrasser de TOUT le superflu avant de pouvoir profiter du bonheur d’une vie plus simple? Personnellement, je ne crois pas. Je crois en effet qu’on n’a pas besoin de tout jeter pour devenir minimaliste!

Choquant, je sais.

Tout jeter, et puis après?

Je ne veux pas gâcher le punch, mais je n’ai pas l’impression qu’il suffit de désencombrer pour devenir minimaliste. Lorsque vous arrivez finalement à vous restreindre au minimum, je crois qu’il ne se passe… rien. Pas de confettis et pas non plus de faisceaux lumineux provenant directement du ciel pour célébrer votre intérieur nouvellement épuré.

Selon certains adeptes du minimalisme, c’est lorsqu’on arrive à se restreindre à l’essentiel qu’on peut enfin commencer à vivre, libéré.e du poids des objets. Moi, je crois qu’on peut vivre notre vie et l’apprécier, et ce, que notre intérieur soit encombré ou pas. Je crois même que c’est dangereux d’attendre quoi que ce soit avant de « vivre ». J’irais jusqu’à dire que selon moi, ça va totalement à l’encontre des principes de base du minimalisme.

Se détacher du matériel pour de bon

Pour moi, le minimalisme c’est bien sur de se détacher du matériel et de faire de meilleurs choix de consommation, mais surtout, c’est d’apprendre à vivre simplement. À apprécier les petits bonheurs, ici et maintenant. Se détacher du matériel, ça veut aussi dire d’être capable d’apprécier un bon film pendant que l’évier est rempli de vaisselle sale. Ça veut dire que je dois tolérer mon Thermos à café même si ce n’est pas le plus cute ni le plus écologique. Même s’il existe de meilleurs modèles sur le marché, faits avec des matériaux renouvelables et produits par des travailleurs syndiqués dans des conditions idéales et respectueuses autant des humains que de la planète et des animaux… c’est quand même plus écolo de garder celui que j’ai déjà plutôt que d’en acheter un autre.

Acheter mieux, mais pas tout de suite

Acheter mieux, ça ne veut pas toujours dire maintenant. Parfois, ça veut dire de ne pas acheter et d’attendre. Attendre d’en avoir réellement besoin et de faire avec ce qu’on a pour le moment. Parce qu’ironiquement, je crois qu’il n’y a rien de moins minimaliste que de tout jeter pour remplacer par des options plus écologiques.

Si vous êtes comme moi, ce sera parfois difficile de résister. Par exemple, lorsqu’on fait des efforts vers un mode de vie plus responsable et que notre rouleau de pellicule plastique nous rappelle les mauvaises habitudes qu’on tente de laisser derrière. On aimerait tant pouvoir le remplacer par ce joli tissu recouvert de cire d’abeille, réutilisable et tellement Instagrammable. Et même si on ne veut pas se vanter au monde entier de faire des choix éthiques, il reste que nous aimerions avoir la satisfaction d’être passé.e à autre chose. Maintenant. Que nos choix se reflètent aujourd’hui dans notre quotidien et les objets qui nous entourent.

Devenir minimaliste, chacun à son rythme

Et c’est là, je crois, le véritable défi de quiconque veut devenir minimaliste: la patience. La patience dans un monde qui va tellement (trop) vite. Apprendre à attendre patiemment que les choses doivent être remplacées avant d’opter pour une meilleure version.

C’est aussi tolérer nos vêtements de fast fashion encore en bon état plutôt que de les donner à la charité pour refaire notre garde-robe chez une jeune designer locale qu’on aimerait tant encourager. Attendre que notre bouteille de shampoing soit vide avant de se procurer un joli shampoing solide sans emballage dans la mignonne boutique écolo du quartier. Attendre que tous ces petits changements se soient opérés avant d’avoir un intérieur qui ressemble un peu à ceux des « vrais » minimalistes qui nous inspirent tant. Apprendre à être patient.e et à respecter notre propre rythme, aussi.

Finalement, j’aimerais qu’on se rappelle ensemble que c’est correct de ne pas être aussi avancé.e qu’on le voudrait dans notre quête d’une vie plus simple. L’important, c’est de s’être lancé.e. D’avoir opéré un premier changement. Puis un deuxième. Le reste viendra bien un jour. En attendant, suffit d’être patient.e. Et de résister à l’envie de tout jeter pour ENFIN devenir minimaliste.

Parce qu’apprendre à être patient.e, au fond, c’est un peu ça, devenir minimaliste.

Qu’en pensez-vous? Quand devient-on minimaliste, selon vous?

 

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18 commentaires

  1. Bonjour, je suis assez d’accord avec toi et ton article permet de déculpabiliser pas mal même si je me rends compte qu’au final, Je fini par me séparer de ce qui m’est inutile. Mais j’ai commencé par ne plus acheter et m’encombrer d’objets supplémentaires. Un pas après l’autre sans culpabiliser il n’y a rien de mieux pour avancer 🙂

    1. Bonjour Audrey! C’est vrai que c’est important de réduire nos achats… sinon il faut constamment faire le tri et on peut vite s’essouffler même en étant très motivée. J’y vais à mon rythme pour désencombrer, je réfléchis plus avant d’acheter, je fais de mon mieux. Et on ne devrait pas culpabiliser lorsqu’on fait de notre mieux, n’est-ce pas? 😉

  2. Bonjour, je découvre ce blog avec plaisir.
    J’aime beaucoup cet article. J’ai bcp désencombré et bcp rechuté (!) .
    Tu l’expliques très bien , la clé c’est la patience : elle permet d’apprendre à s’observer ,à se connaître.
    Bonne semaine

    1. Bonjour Christelle! Je crois que c’est normal d’avoir des rechutes. Ça fait partie du processus. Il ne faut pas perdre de vue l’objectif et prendre le temps de découvrir nos besoins et nos désirs. Personnellement, je trouve que le minimalisme est thérapeutique, d’une certaine façon. C’est un processus qui nous amène à déterminer nos priorités et nos objectifs de vie. Avant, je ne pensais pas trop à ça mais maintenant, j’ai un plan de vie un peu plus clair, je trouve. 🙂

  3. ENFIN un article sur le minimalisme qui me parle…effectivement c’est une chose de jeter les choses inutiles,de
    désemcombrer mais si on court racheter après … c’est que nous sommes encore trop ancré dans cette société de surconsommation….
    La patience procure un réel plaisir quand on doit un jour acquérir un objet…
    Merci pour cet article

    1. Je suis bien contente de voir que d’autres se reconnaissent dans ma vision du minimalisme! Et c’est bien vrai qu’on gagne à faire preuve de patience. Je crois que ça aide à apprécier davantage ce qu’on a et à faire des choix plus éclairés… qu’on va donc plus apprécier au final. Nous sommes habitués à tout avoir rapidement, alors ça peut être frustrant de devoir attendre. Mais en le faisant, on se rend bien vite compte que très peu de ces choses qu’on croit « essentielles » le sont vraiment. Plusieurs peuvent attendre ou même ne jamais être achetées (hihi).

      Merci pour ce beau commentaire! 🙂

  4. Bonjour. Et bien que ce passe t il quand on jette le superflu ? La maison respire, on respire de ne pas avoir à chercher, de pouvoir se séparer d objet qui prennent de la place, la poussière,porteur de souvenirs qui nous rattachent au passé pas forcément bon.
    On peut recevoir sans avoir à suer à grosse goutte à faire un ménage rapide.
    On peut passer moins d une heure à ranger, nettoyer et se garder du temps et énergie pour autre chose.
    On peut simplement être sereine chez nous après des journées harassante au travail et penser à autre chose que nettoyer ranger.
    On peut faire p’aisir et donner.
    A quoi bon garder du linge qu on ne remettra jamais, des livres qu on ne lira plus, de la vaisselle, des produits, des gadgets qu on n utilisera plus.
    Et si simplement laisser entrer la lumière chez soi est la récompense ?
    Tout est question de développement personnel, et de définition de son minimalisme et de ses besoins personnels.
    J ai déblayé beaucoup, je n achète pas e’ double, j ai viré beaucoup de meubles, linge, objets.
    J ai gagné une zenitude incroyable, de l espace et beaucoup d argent,
    Surtout je ne m en veux plus de consommer à tout va pour jeter par les fenêtres.

  5. Bonjour je suis toute à fait d accord avec vous j ai lu beaucoup d articles et je trouve qu il faut y aller en douceur bien réfléchir sinon on retrouve vite l envie de remplacer les objets dont nous nous sommes délestés j en ai fait les frais. Aujourd’hui je prend mon temps j apprécie ce que j ai ,et petit à petit je met en place mon projet.merci pour votre article qui est très constructif

    1. Oh oui, lentement mais sûrement! Les approches à la Marie Kondo, où on doit tout désencombrer d’un coup en quelques jours, ça ne me correspond pas du tout. J’aime bien m’en inspirer pour apprendre à me détacher des objets, mais j’ai besoin de prendre le temps de bien changer mes habitudes si je veux que ça continue dans le long terme. 🙂

  6. Je suis tellement d’accord avec toi ! Je suis justement dans cette phase de cheminement et de réflexion. C’est parfois difficile mais je sais que ça paiera sur le long terme.

    1. Coucou Magalie! C’est vrai que c’est long et fastidieux de désencombrer! Pour moi, le plus difficile c’est de m’en tenir à mes nouvelles meilleures habitudes de consommation sur le long terme. Je ne veux pas retomber dans la surconsommation et je ne veux pas non plus me retrouver encore une fois encombrée de trucs inutiles, mais parfois c’est encore difficile de résister aux achats. Un jour à la fois! 😉

  7. eh bien merci beaucoup pour tous ces conseils, je me fais rire toute seule !!! Grace à toi et un de tes articles je viens de comprendre comment marche Pinterest (je ne savais pas que l’on pouvait épingler – que mon compte était fait pour ça en fait !!!) j’apprend décidément tous les jours ! je suis en vrai Kinder des fois!
    A part ça je suis moi aussi en plein désencombrement depuis euh … longtemps !
    j’adore fouiller tous les sites qui parle de ça ! j’en ai lu des centaines et je peux dire que je t’ai épinglé car j’adore ton site – bise – Sansan

    1. Haha! Oui, Pinterest est un outil bien mystérieux lorsqu’on commence à l’utiliser, mais c’est une source inépuisable d’inspiration! Merci pour ton commentaire et bravo pour ton désencombrement! 🙂

  8. Bonjour,
    Ma démarché minimaliste est venue y’a trois ans. Quand mon mari et moi avons déménager d’un appart à une maison, en attendant de re-déménager deux ans plus tard.
    Je me suis aperçue de tout ce qui étai entasser chez nous sans jamais trop servir. Le premier déménagement a donc été un premier pas vers le moins, et le deuxième un pas plus grand vers le moins mais mieux.
    Le seul point « sensible » étant…les enfants !! La dessus je trouve qu’il est impossible de se lancer dans une démarche minimaliste.
    Mais sinon je suis d’accord avec toi, la démarche prends du temps et c’est une vraie remise en question personnelle et pas l’application d’un concept à la lettre près.

    1. Oh oui, les déménagements, c’est toujours un bon test pour déterminer nos essentiels! Sinon, pour ce qui est des enfants, je n’en ai pas alors je ne peux pas vraiment donner de conseils. Je crois que dans une famille ou un couple, il vaut mieux laisser chacun vivre le processus à son propre rythme, c’est le seul conseil que je donnerais. Ici, disons que je suis plus minimaliste que mon copain et ça crée des frictions parfois, mais au final on communique et ça va! Il faut trouver la formule qui convient bien à tout le monde et c’est souvent un compromis (et c’est parfait comme ça, selon moi)!

  9. J’ai désencombré il y a 2 ans, je me suis séparée de plus de la moitié de mes affaires.C’était sympa au début, plus simple et mon appartement me semblait plus grand. Mais quand j’ai sombré dans la dépression tout ce que j’avais jeté m’a manqué, beaucoup d’objets me sécurisaient en réalité et le fait de ne plus les avoir m’a pas mal manqué.C’est bête ce n’est que des objets mais finalement c’était là que je puisais ma force. Peut être n’etais-je juste pas prête.
    PS: 2 ans après les anniversaires et Noël restent toujours compliqués.

    1. J’espère que tu vas mieux maintenant. La dépression est une maladie sérieuse et effectivement, elle peut toucher tout le monde. Les minimalistes n’y échappent pas. Prends soin de toi, c’est ça le plus important. 🙂

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