Quand désencombrer tourne à l’obsession

Je suis du genre à me lancer dans un projet à fond, pas juste à moitié. Quand j’ai découvert le minimalisme, j’étais essoufflée par le rythme de ma consommation et je n’appréciais même plus les objets qui s’accumulaient autour de moi. Acheter était devenue une habitude un peu machinale, une activité qui me procurait un petit plaisir immédiat, mais éphémère. Je suis tombée amoureuse des petits espaces, des garde-robes épurées et de l’idée selon laquelle le bonheur se trouve dans la simplicité. Je ne me doutais pas alors que le désencombrement pouvait rapidement tourner à l’obsession!

Le minimalisme: une découverte pleine de promesses

Lorsque j’ai découvert le minimalisme, je n’avais rien à perdre. Au contraire! Acheter ne me rendait plus heureuse alors pourquoi ne pas tenter un virage à 180 degrés et voir ou cela me mènerait? Je cherchais une solution et l’idée d’une vie plus simple me semblait bien attrayante. À moi l’économie d’espace,  d’argent et de temps!

Sans plus attendre, j’ai voulu tout savoir sur le désencombrement. Comme toute bon.ne apprenti.e minimaliste, j’ai lu avec attention The Life-Changing Magic of Tidying Up de Marie Kondo et j’ai aussi fouillé tous les recoins de YouTube et de Pinterest en quête d’inspiration.

Puis je me suis lancée.

Première étape: la garde-robe épurée

J’ai commencé par désencombrer ma garde-robe. C’est ce que Marie Kondo (une gourou japonaise du rangement) recommande et ça tombe bien parce que la mienne nécessitait un grand ménage après 6 ans d’accumulation. À vivre confortablement dans le même appartement toutes ces années avec un mode de vie de Surconsommatrice (avec un grand S), j’avais effectivement rempli mon placard à pleine capacité. Alors j’ai rempli un sac, puis 2, puis 15.

Après avoir réduit ma garde-robe à sa presque plus simple expression, j’ai attaqué le reste de l’appartement. Les meubles, la paperasse, les bibelots, les outils de cuisine : rien n’était en sécurité! Toujours suivant les conseils de Marie Kondo, je prenais chaque item dans mes mains en me demandant s’il me procurait une « étincelle de joie »; le critère décisif ultime!

Un déménagement qui pousse à en faire plus

Je me suis rapidement départie du 3/4 de mes possessions, selon une évaluation personnelle non fondée sur des statistiques officielles, mais qui, selon moi, correspond à la réalité. Puis, j’ai emménagé avec mon copain dans un appartement 2 fois plus petit que celui que j’occupais précédemment.

Mais même après le déménagement et la grande cure de désencombrement initiale, j’étais insatiable. Je cherchais constamment des objets inutiles à sortir de chez moi. À un certain moment, mon copain m’a même demandé,  un peu inquiet,  si je comptais arrêter avant que l’appartement soit complètement vide.

« Évidemment« , ai-je répondu,  convaincue alors que mon désir d’épuration de notre espace était tout à fait rationnel et bénéfique pour notre bien-être.

Quelque part, un petit doute s’est tout de même installé dans ma tête. J’ai pris un break de ménage et j’ai questionné mes objectifs. Puis j’ai eu une drôle de réalisation.

Obsession: désencombrement

J’ai compris que le même oeil vif qui scrutait autrefois le Web en quête de la prochaine belle chose à acheter était dorénavant en quête constante du prochain objet à mettre aux vidanges. Alors que je voulais autrefois toujours plus,  je voulais maintenant toujours moins.

Le minimalisme nous promet un bonheur détaché des biens matériels, mais il m’entraînait pourtant dans une quête obsessive où je devais constamment redéfinir ma notion de « biens essentiels » . Je voulais me libérer des objets et, ironiquement, je n’avais jamais accordé autant de temps à questionner l’importance chacune de mes possessions.

Qu’est-ce qu’un « bien essentiel » ? De quoi ai-je « réellement » besoin? Comment distinguer mes besoins de mes envies?  Si un objet semble me faciliter le quotidien, est-il essentiel ou est-ce un luxe dont je devrais tenter de me passer?

J’étais obsédée et je n’avais qu’une idée en tête: obtenir au plus vite un intérieur épuré au maximum. Je traquais sans cesse les objets superflus et je cherchais constamment à réduire mes besoins en rangement pour éliminer des meubles. Au point où c’était devenu difficile pour moi de me reposer puisque mon regard croisait constamment un objet à ranger ou à jeter.

Le rêve minimaliste

En nous promettant le bonheur, le vrai, le minimalisme nous entraîne parfois dans une quête de simplicité qui tourne à l’obsession. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ce mode de vie, j’étais en quête d’une solution à mes problèmes. J’achetais pour combler mes peines, pour célébrer mes joies, ou même pour passer le temps. Je dépensais de l’argent pour me sentir mieux ou plus belle. Puis la petite euphorie de la nouveauté se dissipait et le cycle d’achat recommençait. Si bien que ma consommation m’essoufflait! Je voulais que les choses changent et le minimalisme me semblait être une bonne avenue à explorer.

J’ai toutefois fait l’erreur de croire que le bonheur me tomberait dessus une fois que le désencombrement serait terminé. Je croyais fermement que c’était l’absence de désordre qui allait me rendre heureuse. Qu’en vivant enfin dans un lieu épuré, entourée uniquement d’objets qui me plaisent, je me sentirais enfin en paix.

Ça m’a pris un bon moment avant de comprendre que ce n’est pas si simple.

L’envie d’une vie plus simple, c’est le début de quelque chose: d’une prise de conscience, d’un remaniement des priorités, d’une opportunité d’explorer nos passions et de la possibilité d’enfin économiser un peu.

Le désencombrement ne fait pas apparaître le bonheur, il lui ouvre simplement la porte.

Mais où se cache le bonheur?

Si vous me demandez mon avis, je dirais que la solution se trouve (encore et toujours) dans l’équilibre. L’obsession est une pente glissante qui n’augure rien de bon. Ainsi, qu’on désire ardemment avoir plus ou qu’on se dévoue corps et âme au désencombrement, au final, on passe à côté de l’essentiel.

Pour être heureux, il faut découvrir ce qui nous fait du bien: les relations saines, le repos, la spontanéité, les passions, la réalisation personnelle, les défis, les découvertes, la créativité, etc. Et désencombrer nous permet de libérer du temps pour explorer toutes ces possibilités.

En d’autres mots, tout jeter ne nous rendra pas heureux. Pas nécessairement. Mais passer moins de temps à entretenir notre intérieur nouvellement épuré nous donne la chance de remplir notre horaire d’activités qui nous font réellement du bien.

Et selon moi, c’est dans les petits plaisirs simples que se trouve le bonheur le plus durable!

Du moins, c’est là que je le cherche maintenant. 😉

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3 commentaires

  1. Encore un autre article très bien écrit j adhère complètement à vos idées.j aurait aimer arriver à faire davantage de vide Mais j ai du mal j espère y arriver un jour petit à petit pour mon bien être

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